Valeo, acteur majeur des systèmes d’aide à la conduite (ADAS), fait face à un paradoxe révélateur : alors que ces technologies pourraient éviter jusqu’à 40 % des accidents en France et en Chine, elles restent largement sous-utilisées par les conducteurs. Le projet part du constat que les aides à la conduite sont perçues comme complexes, peu intuitives et parfois anxiogènes, en particulier pour les jeunes conducteurs (18–30 ans), pourtant très technophiles. Valeo a donc confié à une équipe pluridisciplinaire (ingénierie, design, sciences humaines) la mission de repenser ces systèmes pour les rendre plus accessibles, compréhensibles et acceptables par les conducteurs de demain.
L’équipe a mené une centaine d’entretiens auprès de jeunes conducteurs, d’apprentis conducteurs, de vendeurs automobiles et de mécaniciens afin de comprendre leurs représentations et usages des ADAS. Ces recherches ont révélé que les jeunes apprennent encore à conduire “à l’ancienne”, sur des véhicules peu technologiques, créant un décalage majeur avec les voitures modernes bardées d’assistances. Beaucoup de conducteurs craignent de “perdre le contrôle” en utilisant ces aides et redoutent une dépendance à la technologie. Même lorsqu’ils savent que leur voiture dispose de fonctionnalités comme le régulateur adaptatif ou le maintien dans la voie, ils ne savent souvent ni comment les activer, ni comment elles réagiront, ni comment les désactiver. Paradoxalement, les aides les plus anciennes (régulateur de vitesse, limiteur) sont les plus utilisées, car perçues avant tout comme des aides au confort plutôt qu’à la sécurité.
Ces enseignements ont conduit l’équipe à se concentrer sur la zone “entre les utilisateurs indifférents et les utilisateurs normaux”, avec l’hypothèse qu’une meilleure compréhension et une expérience plus intuitive pourraient significativement augmenter l’adoption des ADAS.
À partir de ces insights, l’équipe a développé des prototypes explorant une nouvelle relation entre le conducteur et la voiture, basée sur une idée clé : la voiture doit s’adapter au conducteur, et non l’inverse. L’une des propositions majeures a été un menu personnalisé embarqué, permettant au conducteur de choisir quelles informations et quelles aides il souhaite voir en priorité sur son tableau de bord. Cette approche vise à réduire la charge cognitive, renforcer le sentiment de contrôle, et créer une continuité d’expérience entre différents véhicules.
Plutôt que d’imposer des ADAS uniformes et standardisés, le projet plaide pour des interfaces adaptatives, plus lisibles et modulables selon les préférences et le niveau de confiance du conducteur. Plus largement, le travail s’inscrit dans une vision prospective où la voiture devient progressivement un “ordinateur roulant”, nécessitant des interfaces homme-machine plus souples, transparentes et centrées sur l’humain.
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